Étiquetage sur le devant des emballages au Canada (janvier 2026) : Risques réels et avantages du pionnier
- Futuro Imperfecto

- 17 sept. 2025
- 7 min de lecture

Il reste moins de quatre mois avant l'entrée en vigueur du symbole nutritionnel obligatoire « Élevé en » sur le devant des emballages canadiens pour les produits dont la teneur en sodium, en sucres ou en gras saturés dépasse les seuils. Le règlement a été publié en 2022, et sa conformité générale est requise d'ici le 1er janvier 2026 (avec des exemptions spécifiques).¹ Santé Canada a déjà publié des lignes directrices visuelles et des seuils par catégorie (15 % de la valeur quotidienne pour la plupart des aliments préemballés ; 30 % de la valeur quotidienne pour les plats principaux ≥ 200 g).
Dans mes conversations avec les équipes de restauration partout au Canada , je remarque deux tendances constantes :
Préoccupation concernant l'impact potentiel sur les ventes et la perception de la marque
Des actions concrètes limitées pour atténuer les risques... et encore moins pour capitaliser sur l'opportunité
Pour encadrer cette discussion, il convient d’examiner les données internationales dans lesquelles ces politiques sont déjà opérationnelles.
Evolution des ventes après la mise en place des avertissements : données par pays
Chili (depuis 2016) : Suite à la mise en œuvre de la phase 1, les ménages ont réduit leurs achats de produits « riches en » de 23,8 % en calories, de 26,7 % en sucres et de 36,7 % en sodium dans les catégories concernées, des changements non expliqués par les prix.² Dans les boissons sucrées, des réductions significatives de volume et de calories ont été observées.³
Chili – Effets de portefeuille : Dans le secteur des céréales pour petit-déjeuner, les produits portant des étiquettes d’avertissement ont perdu des parts de marché tandis que ceux sans étiquettes en ont gagné, l’équilibre des prix et des quotas étant conforme aux objectifs politiques.⁴
Mexique (depuis 2020) : Des enquêtes représentatives montrent une forte sensibilisation et une utilisation accrue des étiquettes d'avertissement, avec une diminution des intentions d'achat pour les produits comportant des avertissements/clauses de non-responsabilité (par exemple, la caféine et les édulcorants). Les estimations suggèrent une réduction potentielle de l'apport en nutriments essentiels suite à la mise en œuvre de l'étiquetage⁵.
Uruguay/Pérou : Les premières données indiquent une forte adoption et compréhension des étiquettes d’avertissement, ainsi qu’une diminution des intentions d’achat de produits « en quantité excessive ». Au Pérou, la mise en place des taxes et des étiquettes d’avertissement n’a eu aucun impact négatif sur l’emploi ou les salaires du secteur.⁶
Résumé : Lorsque des étiquettes d'avertissement sont mises en place, la demande se déplace des produits « riches en » vers des alternatives reformulées ou sans étiquette, envoyant des signaux clairs aux équipes de R&D et d'assortiment de produits.
Ce que les entreprises ont bien fait : approches proactives et réactives
Entreprises proactives (reformulation précoce) : Le Chili a enregistré des réductions significatives des teneurs déclarées en sucres et en sodium dans diverses catégories (boissons, produits laitiers, céréales de petit-déjeuner) dès la première année. À l'issue des trois phases, la proportion de produits « riches en » a chuté d'environ 18 points de pourcentage (de 71 % à 52,5 %), avec une réduction de plus de 30 points de pourcentage pour les céréales et les pâtes à tartiner sucrées. Dans les boissons, la proportion de produits « riches en » est passée de 51,9 % à 26,1 %.⁷
Entreprises réactives (attendre et s'adapter tardivement) : les données de catégorie suggèrent des pertes de parts de marché pour les produits conservant des étiquettes d'avertissement par rapport à ceux investissant dans des portefeuilles de reformulation/sans étiquette, particulièrement évidentes dans les céréales.⁸
Leçon pratique : Passer en premier réduit l'exposition aux avertissements, préserve l'espace en rayon et capte la demande croissante. Les données empiriques corroborent ce mécanisme, même si les détails spécifiques aux marques varient selon les marchés.
À quoi pouvons-nous nous attendre pour le Canada?
Ampleur potentielle : Une analyse des bases de données canadiennes indique qu’environ 64 % des produits de marque (FLIP 2017) nécessiteraient le symbole « Riche en », le sodium étant l’indication la plus fréquente, suivi des gras saturés et des sucres. Les pourcentages précis dépendent de la base de données ; dans FLIP 2017 : 31,5 % de sodium, 28,6 % de gras saturés et 26,9 % de sucres parmi les produits nécessitant un symbole⁹.
Impact sur l’alimentation et la santé (modélisé) : La mise en œuvre de symboles sur le devant des emballages au Canada réduirait l’apport en nutriments essentiels et offrirait des avantages mesurables pour la population.¹⁰
Règles et conception des symboles : icône en forme de loupe, texte « Élevé en », seuils et exemptions basés sur la valeur quotidienne conformément aux directives officielles. Ceci conditionne les allégations, l'architecture du package et la structure du portefeuille.¹
Reformulation : Investissement et rendement (Pourquoi 2025 ≠ 2016)
Des organisations internationales (OCDE/OMS) démontrent que la reformulation accélère et améliore la qualité nutritionnelle grâce à l'étiquetage frontal. Des coûts existent, mais des bénéfices nets apparaissent lorsque les pertes de demande sont évitées et l'offre optimisée.¹¹
Approbation de nouveaux ingrédients au Canada : Les délais varient selon qu’il s’agit d’un additif ou d’un nouvel aliment/ingrédient et selon la complexité du dossier. Santé Canada décrit un examen scientifique en environ 45 jours ; l’évaluation complète peut s’étendre sur plusieurs mois (p. ex., de 12 à 18 mois pour les additifs complexes, conformément aux pratiques de l’industrie).¹²
Pourquoi l'avantage est plus important maintenant : En 2016, nous n'avions pas les outils de formulation et d'optimisation basés sur l'IA d'aujourd'hui. Grâce à des ensembles de données modernes et à des modèles prédictifs, les équipes de formulation en R&D peuvent réduire les cycles d'itération , simuler des compromis (nutrition ↔ goût/texture/coût) et prioriser le nutriment qui supprime l'étiquette en premier (souvent le sodium dans les assortiments canadiens).
La littérature et la pratique récentes montrent que l’IA appliquée à la qualité/au processus atteint déjà un retour sur investissement < 12 mois dans les cas de vision/AQ.
Cela réduit à la fois le délai d'abandon d'étiquetage et la consommation d'argent par rapport à la méthode des essais-erreurs¹³. (C'est précisément ce que nous avons mis en place chez Elytra Biomaterials pour soutenir la R&D dans le secteur agroalimentaire au Canada.)
Traduction commerciale pour 2025-2026 :
Proactif = CAPEX/OPEX inférieurs grâce à la méthode « essais-erreurs », risque réduit lié aux étiquettes d'avertissement, délai de mise sur le marché plus court et meilleure position de négociation au détail
Réactif = risque de perte de parts plus élevé au cours de la première année suivant la mise en œuvre (lorsque les changements se concentrent) et coûts de correction tardive plus élevés
Par où commencer ? (Liste de contrôle pratique)
Cartographie des risques du portefeuille (Canada) : classer les UGS par probabilité d'étiquette d'avertissement et « nutriment limitant » (sodium/graisses saturées/sucre) à l'aide de seuils officiels.¹
Stratégie de reformulation par vagues : privilégier les catégories à volume élevé avec un potentiel de réduction rapide du seuil (par exemple, le sodium dans les soupes/plats combinés).
Conception expérimentale intelligente + modèles prédictifs d'IA : utilisez les données historiques et l'IA pour prédire les compromis sensoriels/fonctionnels avant les essais pilotes.
Sourcing réglementaire : Si de nouveaux ingrédients ou de nouvelles technologies sont nécessaires, alignez le dossier et le calendrier avec ceux de Santé Canada.¹²
Communication transparente : des données internationales montrent que l’étiquetage modifie les normes sociales ; la communication de la reformulation et du raisonnement nutritionnel contribue à maintenir les préférences.
Invitation ouverte
Des données provenant de l'extérieur du Canada indiquent une réelle évolution de la demande et des gains pour les pionniers. Au Canada, l'ampleur potentielle (environ les deux tiers de l'assortiment de marques) suggère que l'inaction est la décision la plus coûteuse. Grâce aux données structurées et aux modèles d'optimisation multivariés, il est désormais possible d'atténuer les risques et, mieux encore, de les transformer en avantages.
Si vous souhaitez comparer des scénarios (reformulation vs. portefeuille alternatif) dans votre catégorie, sans promettre de magie ou de raccourcis, mais simplement de la science appliquée, nous serions heureux d'en discuter.
Chez Elytra Biomaterials , nous nous engageons à soutenir l'industrie canadienne de l'alimentation et des boissons tout au long de cette transition avec des solutions basées sur les données et une expertise en science alimentaire.
Références sélectionnées
¹ Santé Canada. Symbole nutritionnel sur le devant de l'emballage. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/modifications-etiquetage-aliments/devant-emballage.html
² Taillie, LS, et al. (2021). Évolution des achats alimentaires après la mise en œuvre des politiques chiliennes d'étiquetage, de marketing et de vente des aliments dans les écoles : étude avant-après. Lancet Planetary Health , 5(8), e526-e533.
³ Taillie, LS, et al. (2024). Évolution des achats de boissons suite à la mise en œuvre de la loi chilienne sur l'étiquetage et la commercialisation des aliments : une analyse longitudinale. PLOS Medicine , 21(1), e1004259.
⁴ Pachali, MJ, et al. (2023). L'impact des avertissements sur le devant des emballages sur le choix du consommateur : données du Chili. Thèse de recherche de l'Université de Wageningen .
⁵ Arellano-Gómez, LP, et al. (2023). Utilisation et compréhension des étiquettes nutritionnelles et des avertissements sur le devant des emballages chez les adultes mexicains. Public Health Nutrition , 26(12), 2751-2762.
⁶ UNICEF/Resolve/Programme mondial de recherche sur l'alimentation. Synthèse des données probantes sur les étiquettes d'avertissement sur le devant des emballages. Rapports multi-pays 2020-2024.
⁷ Rebolledo, N., et al. (2025). Évolution à long terme de la reformulation des aliments suite à l'apposition d'avertissements sur le devant des emballages au Chili. BMC Medicine , 23(1), 15.
⁸ Reyes, M., et al. (2020). Évolution de la quantité de nutriments dans les aliments et boissons emballés après la mise en œuvre initiale de la loi chilienne sur l'étiquetage et la publicité des aliments : une étude prospective non expérimentale. PLOS Medicine , 17(7), e1003220.
⁹ Mulligan, C., et al. (2022). Prévalence des symboles nutritionnels sur le devant des emballages alimentaires au Canada : analyse des étiquettes alimentaires. BMC Public Health , 22, 1937.
¹⁰ Flexner, N., et al. (2023). Estimation de l'impact sur la santé de l'étiquetage nutritionnel sur le devant des emballages au Canada : analyse des différences. Revue internationale de nutrition comportementale et d'activité physique , 20, 59.
¹¹ OCDE/OMS. (2023). Note d'orientation sur l'étiquetage nutritionnel sur la face avant des emballages. Série sur les politiques de santé.
¹² Santé Canada. Demandes préalables à la mise en marché pour les additifs alimentaires, les aliments nouveaux et les suppléments nutritionnels. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/aliments-nutrition/legislation-lignes-directrices/documents-directrices/demandes-prealables-mise-en-marche.html
¹³ Pratiques industrielles et IA dans la R&D alimentaire : compilé à partir de plusieurs publications commerciales et rapports techniques, 2023-2024.
#ÉtiquetageSurLeDevantDeLEmballage #IndustrieAlimentaireCanadienne #ReformulationAlimentaire #SantéCanada #TechnologieAlimentaire #RetD #AssuranceQualité #Canada #BaséSurLesDonnées #RéglementationAlimentaire #PGC #ElytraBio #Elytra #ApprentissageMachine #IA #ScienceAlimentaire




Commentaires